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La Forêt des Colettes

La forêt des Colettes est remarquable par son étendue et par la qualité de ses bois. D’une surface de 2.040ha, elle s’étage de 350m à 720m d’altitude, depuis la rivière la Bouble jusqu’au lieu dit « La Bosse » qui en constitue son sommet.

Les conditions météorologiques varient avec l’altitude, la température étant plus fraîche et les précipitations plus importantes sur les sommets. Sensibles à ces modifications, la flore et les arbres s’étagent en plusieurs niveaux assez distincts.

Dans le bas du massif, c’est le chêne qui domine, mais vite supplanté par le hêtre, dès qu’on atteint 500m à 550m d’altitude. Puis lorsqu’on s’élève encore, les premiers résineux font leur apparition, pour occuper presque toute la surface des sommets.

 

Les principaux feuillus :

Le hêtre et le charme sont deux feuillus très répandus dans les forêts bourbonnaises. Ils se ressemblent beaucoup, avec leur écorce grise et lisse, et leurs feuilles petites et un peu allongées. Vous pouvez les distinguer en observant la bordure des feuilles. Celle du charme est dentelée, tandis que l’autre est poilue.

Le fruit du hêtre appelé faîne, ressemble à une petite noix dont l’amande est comestible.

Le chêne Sessile, appelé aussi chêne Rouvre, peut atteindre 40m de hauteur et vivre jusqu’à 500ans.

Vous pouvez le distinguer du chêne Pédonculé en observant les glands. Ceux du Sessile poussent souvent par grappe, directement attachés au rameau, alors que ceux du pédonculé sont seuls au bout d’un pédoncule.

 

Les principaux résineux :

Le douglas fait partie de la famille des conifères, ses feuilles sont des aiguilles qu’il garde toute l’année. Cette famille d’arbres est bien connue aussi sous le nom de résineux, à cause de leur sève composée de résine très parfumée. Le douglas, originaire d’Amérique du Nord, peut atteindre 100 mètres de hauteur. Il a été introduit en France en 1842, et c’est devenu aujourd’hui la première essence de reboisement. Il a de nombreuses qualités, mais ses jeunes pousses sont souvent consommées par le chevreuil.

Le pin Sylvestre est facilement reconnaissable à la couleur saumonée de l’écorce de son tronc. C’est une espèce très importante, car il arrive à pousser sur les sols les plus pauvres du massif, là ou d’autres espèces survivent dans de mauvaises conditions.

 

La faune forestière :

Les animaux ne sont pas toujours faciles à voir en forêt, cependant ils laissent beaucoup de traces de leurs activités. Ainsi le chevreuil pour marquer son territoire a l’habitude d’écorcer de jeunes troncs sur lesquels il dépose son odeur personnelle. Les animaux assez lourds comme le cerf ou le sanglier laissent facilement les empreintes de leur passage au sol.

Les blaireaux habitent dans des terriers dont les abords sont décapés par leurs jeux nocturnes.

Le lièvre est surtout un hôte des bois, contrairement au lapin qui se tient plutôt en lisière de forêt.

On trouve également des renards, considérés comme nuisibles, ils sont aussi les alliés des agriculteurs car ils consomment des milliers de petits rongeurs. Petite et agile, la belette est également un redoutable chasseur que l’on peut croiser dans la forêt.

 

Les oiseaux de la forêt :

Le pic noir : il se reconnaît à son cri plaintif et à son vol en montagnes russes. C’est le plus grand des pics, de la taille d’une corneille.

La sitelle : ce petit grimpeur à la particularité de descendre, tête en bas le long des troncs. Son cri est strident et répété.

Le geai des chênes : il se remarque à ses petites plumes bleu vif qui bordent ses ailes et à ses cris grinçants qui résonnent en forêt.

La buse variable : elle est l’un des grands rapaces diurnes les plus faciles à voir. De forme massive, avec de larges ailes et une large queue, elle plane et tournoie haut dans le ciel.

La chouette hulotte : c’est un rapace nocturne qui loge souvent dans les arbres creux. On la reconnaît à sa grosse tête et à ses grands yeux regardant bien en face.

 

La forêt des Colettes, le pays des mineurs…

Géologiquement le secteur de la bosse se présente sous la forme d’une « boule » granitique cernée dans des micaschistes. Pour les spécialistes, la bosse est un complexe géologique et minéralogique de tout premier ordre. La richesse de cette forêt n’est donc pas seulement végétale, elle est aussi minérale.

Un gisement unique : les Gallo romains ont creusé ici à la recherche d’étain et sans doute aussi de cuivre, deux métaux qui ont donné le bronze, alliage si important dans le monde antique, notamment pour la fabrication d’armes et de monnaie. Cependant, ce sont les gisements de kaolin et de wolfram qui vont révéler l’importance du site.

Le kaolin dont la blancheur et la pureté en font un minéral généralement bien connu du grand public, est le résultat de la décomposition de roches riches en feldspath, comme le granite. Utilisé comme matière première pour la fabrication de porcelaines et céramiques, il l’est également dans la création de papier de haute qualité.

La découverte de kaolin de Beauvoir en 1848, va conduire au développement de cette activité dans la seconde moitié du 19ème siècle.

L’exploitation de ce kaolin débute alors à la carrière du Puy Juillat, en plein cœur du massif des Colettes. Elle s’est poursuivie par l’ouverture de plus de quinze carrières, réparties sur tout le massif, certaines au nom inattendu : carrière du Maroc, de Madagascar…Au cours de promenades, on peut les découvrir.

De nos jours, une seule carrière est en activité, celle de Beauvoir, qui extrait environ 30000 tonnes de kaolin par an. La société qui exploite cette carrière compte 30 salariés environ.

Au cours des opérations de lavage de ce kaolin, un certain pourcentage de cassitérite est récupéré. Ce minéral d’étain est utilisé comme alliage pour la fabrication du bronze. Il contribue également à la rentabilité de l’exploitation.

Le wolfram, la deuxième production importante du secteur, à été exploité entre 1915 et 1962. D’abord en galeries puis à ciel ouvert, cette activité a employé jusqu’à 300 personnes. Le wolfram, minerai de tungstène est recherché pour la métallurgie d’aciers spéciaux auxquels il donne plus de dureté, de ténacité, il entre également dans la fabrication de filaments des ampoules électriques et des billes de stylo. Ce gisement de wolfram était un des rares du sol national. Avant la fermeture, 650 tonnes de concentré de wolfram étaient livrées annuellement sur le marché national, ce qui représentait 35% de la consommation française en wolfram. La découverte de gisements de plus grande importance, notamment en Chine, ainsi qu’un coût d’exploitation moins élevé, sont les principales raisons de l’arrêt de cette activité à la Bosse.

Un important gisement de lépidolite, minerai de lithium à été découvert sur le site. Ce minerai est principalement utilisé dans l’industrie spatiale et la fabrication de piles. A ce jour aucune production n’a été faite, mais les potentialités de ce gisement sont certaines. Voila pourquoi la Bosse attire de nombreux collectionneurs, mais aussi d’éminents géologues.